Une goutte d’eau qui fait la différence : la confiance

« L’humilité et la confiance en Jésus-Christ »… Belle formule, sur laquelle on ne s’arrête pas forcément. Si un prêtre la prononce, c’est dans l’ordre des choses, l’expression peut être rangée au rayon langue de buis. Si c’est un laïc, on vous dira bien souvent qu’il faudrait déjà que cette personne comprenne ce qu’elle ânonne, et puis, avant toute chose, méfions-nous du mystico-dingo !

Si j’évoque humilité et confiance, c’est parce qu’entre sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1/10) et la prière à Notre-Dame du Rosaire (6-7/10), via nos saints anges gardiens (2/10) puis saint François d’Assise (4/10), sainte Faustine (5/10) et saint Bruno (6/10), ces deux termes auront encore trouvé cette semaine une belle résonance.

Sainte Thérèse : « Je garderais toujours la même confiance… »

La petite voie de Thérèse, dite aussi d’enfance spirituelle, celle de François, « votre petit pauvre et serviteur », comme il l’écrit dans son testament, celle des saints anges gardiens qui nous protègent et n’ont la plupart du temps affaire qu’à des ingrats, celle de sainte Faustine, si appliquée à relayer dans son « petit journal » les messages de la Miséricorde divine que lui délivre Jésus… enfin celle de saint Bruno, assez persuadé de sa propre faiblesse pour ne mettre sa confiance qu’en la force et la grâce de Dieu pour son œuvre de restauration monastique, il est évident qu’avec tous ces saints, nous sommes à belle école.

Toute la question est donc de savoir ce que nous mettons « en Jésus-Christ ».
Est-il opportun par exemple de « placer » notre humilité en Jésus-Christ ? Non pas faire nôtre l’idée que, décidément, nous sommes des chrétiens exemplaires parce que très humbles (ce qui serait un comble !), mais nous convaincre que nous sommes des chrétiens humbles si nous sommes capables de puiser à la seule Source, au seul Exemple d’humilité qui importe, Jésus-Christ, Dieu fait homme, Verbe éternel de Dieu qui a pris notre chair pour nous rejoindre et nous sauver.
Si donc je place mon humilité en Jésus-Christ, puis-je encore prendre de haut mon frère non croyant ? rendre à celui qui m’est hostile son soufflet ou son insulte ? désirer autre chose que de contribuer, en paroles et en actes, à l’annonce de l’évangile ?

Ainsi placée, dans le Christ, l’humilité rejoint la confiance. Car il faut une confiance invincible en la bonté et la miséricorde du Père pour nous abandonner si complètement à sa Providence dans l’annonce du Christ Ressuscité. Annonce que tout un chacun va instantanément mesurer à l’aune de notre faiblesse. Eh oui, ce pauvre homme qui dit sa foi en Jésus-Christ est peut-être « enfantin » aux yeux du monde, mais cette faiblesse est en même temps sa force (pourvu qu’à aucun moment il n’en impose à l’autre !). Aussi sa foi peut-elle être contagieuse… en vérité ce n’est plus sa foi que son prochain partage alors, c’est celle que donne Jésus-Christ. Elle est l’œuvre de la grâce cachée dans la confiance en Jésus-Christ dont ce pauvre homme, ce pécheur, a témoigné si maladroitement.

« Si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderais toujours la même confiance car je sais bien que cette multitude d’offenses est une goutte d’eau dans un brasier ardent », a écrit sainte Thérèse de Lisieux. Une goutte d’eau, le symbole est bien trouvé à la fois pour nous rappeler notre baptême, récapituler devant la divine Miséricorde la somme de nos faiblesses et nos insuffisances et puiser dans l’évangile cet appel (à la Samaritaine) et ce cri (sur la Croix) de Jésus: « Donne-moi à boire », « J’ai soif » (Jn 4,6 et Jn 19,28).

Jésus à la Samaritaine : « Donne-moi à boire ».

Quel que soit notre péché, nous avons cette chance – nous recevons cette grâce –  de pouvoir désaltérer et rafraîchir Jésus avec notre humilité et notre confiance en Lui. Il nous le dit depuis 2000 ans de toutes les façons possibles : par les anges auxquels il nous confie et « qui voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18,10), et par nos frères et sœurs que l’Eglise déclare saints.

Prière de saint Claude La Colombière

« Jésus, vous êtes le seul et le véritable Ami.Vous prenez part à mes maux, vous vous en chargez, vous avez le secret de me les tourner en bien. Vous m’écoutez avec bonté lorsque je vous raconte mes afflictions et vous ne manquez jamais de les adoucir. Je vous trouve toujours et en tout lieu ; vous ne vous éloignez jamais et, si je suis obligé de changer de demeure, je ne me lasse pas de vous trouver où je vais.Vous ne vous ennuyez jamais de m’entendre ; vous ne vous lassez jamais de me faire du bien. Je suis assuré d’être aimé si je vous aime. Vous n’avez que faire de mes biens, et vous ne vous appauvrissez point en me communiquant les vôtres. Quelque misérable que je sois, un plus noble, un plus bel esprit, un plus saint même ne m’enlèvera pas votre amitié ; et la mort, qui nous arrache à tous les autres amis, me doit réunir à Vous. Toutes les disgrâces de l’âge ou de fortune ne peuvent vous détacher de moi ; au contraire, je ne jouirai jamais de vous plus pleinement, vous ne serez jamais plus proche que lorsque tout me sera le plus contraire.Vous souffrez mes défauts avec une patience admirable ; mes infidélités mêmes, mes ingratitudes ne vous blessent point tellement que vous ne soyez toujours prêt à revenir, si je le veux. O Jésus, accordez-moi de le vouloir, afin que je sois tout à Vous, pour le temps et pour l’Eternité. Amen. »

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