Les Papes et le Cœur immaculé de Marie

Unissons-nous à ces deux saintes journées des 12 et 13 octobre 2013, qui verront le Pape François, depuis Rome, consacrer le monde au Cœur immaculé de Marie à l’issue de la messe dominicale (à suivre sur kto-tv.com).

Photo DS/SC

Et prenons éventuellement le temps de méditer l’histoire de quelques-unes des grâces vécues par les fidèles catholiques en Eglise, en union avec les souverains pontifes désireux d’obtenir, pour le monde et pour la conversion des pécheurs, la puissante intercession de la Reine des Cieux.

Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d’abord, en 1805, puis Pie IX en 1855, accordèrent à plusieurs églises une fête du Coeur très pur de Marie fixée au dimanche dans l’octave de l’Assomption puis au samedi suivant la fête du Sacré-Coeur.

Dans ce même siècle prirent place les apparitions de la Vierge Marie, rue du Bac, en 1830, puis à Lourdes en 1858, l’une et l’autre sous le signe de l’Immaculée, ainsi que la fondation en 1838, sous l’égide du pape Grégoire XVI, de l’archiconfrérie du très saint et immaculé Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs, en l’église de Notre-Dame des Victoires, à Paris.

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Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à Son Coeur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire.

Le premier, Pie XII, le 31 octobre 1942, jour de la clôture solennelle du Jubilé des Apparitions de Fatima, s’exprimant à la radio, consacra le monde au Coeur Immaculé de Marie.
Il renouvela ce geste important le 8 décembre 1942. En 1944, en pleine guerre mondiale, le même souverain pontife consacra encore tout le genre humain au Coeur immaculé de Marie pour le mettre sous sa toute-puissante protection. A l’occasion de cette même cérémonie, il décréta que l’Eglise entière célébrerait chaque année une fête en l’honneur du Coeur immaculé de Marie afin d’obtenir par l’intercession de la Très Sainte Vierge, «la paix des nations, la liberté de l’Eglise, la conversion des pécheurs, l’amour de la pureté et la pratique des vertus.» Il fixa la date de cette fête au 22 août, jour octave de la fête de l’Assomption.

Le chemin du Cœur de Marie était déjà connu, grâce notamment à saint Jean Eudes : « Le Père, disait le fondateur de la congrégation des Eudistes, précurseur de la dévotion aux Coeurs de Jésus et de Marie, a déployé Sa puissance pour former un Coeur de fille plein de respect et de fidélité envers son Créateur. Le Fils en fit un Coeur de Mère et l’Esprit-Saint en fit un Coeur d’épouse pour y célébrer Ses noces ineffables.»

La bonté et la miséricorde habitent le Coeur immaculé de Marie. Aussi est-il naturel que tout pécheur trouve en Elle un refuge assuré. Ce Coeur n’a point connu le péché. Entre tous les cœurs des créatures, il est le seul à avoir donné la Sainte Trinité une parfaite réponse d’amour. Aussi ce Cœur n’a-t-il pas été flétri dans le tombeau comme celui des autres mortels. Sous le souffle de la mort, ses mouvements n’ont été qu’un instant suspendus. Et il continue aujourd’hui de battre au sein de la gloire immortelle avec un amour infini pour notre humanité.

A Notre-Dame des Victoires, les fêtes de la Vierge Marie et les célébrations de l’archiconfrérie, chaque premier samedi du mois, nous invitent à un culte spécial de vénération et d’amour pour son Cœur immaculé.
Au pied de son autel, chacun peut rencontrer ce Cœur brûlant d’amour où naquit le Fiat annonciateur du salut, ce Cœur percé d’un glaive où résonna l’amen silencieux du Golgotha. Ce Cœur très saint et très pur veut nous modeler à l’image de Jésus, selon son Sacré-Cœur, et nous apprendre à l’aimer, à combattre le péché à ses côtés, à supporter humblement les peines et les croix qu’il plaira à Dieu de nous envoyer. Il attend notre oui, notre amen, notre fiat.

Avec les Papes, rendons grâce au Cœur immaculé de Marie :

– Pie XII, s’exprimant à la radio, le 31 octobre 1942, jour de la clôture solennelle du Jubilé des Apparitions de Fatima, fut le premier pape à consacrer le monde au Coeur Immaculé de Marie en réponse à l’appel transmis par la Sainte Vierge en 1917 à Lucie, Jacinte et François. Il déclarait notamment :

« A Vous, à Votre très saint Cœur, nous, en tant que Père de la famille chrétienne… en cette heure tragique de l’histoire humaine, nous consacrons solennellement la Sainte Eglise, Corps Mystique de Votre Fils, qui souffre et saigne en tant de parts, sous tant de formes, plus encore le monde entier bouleversé par des discordes cruelles, victime de ses propres injustices. »

(…)

– Pie XII, dans l’Encyclique sur le corps mystique de Jésus-Christ, « Mystici corporis christi » (29 juin 1943), revient sur cette consécration :

« Supplions donc la très sainte Mère de tous les membres du Christ, au Cœur immaculé de laquelle Nous avons consacré avec confiance tous les hommes et qui maintenant au ciel resplendit dans la gloire de son corps et de son âme et règne avec son Fils, de multiplier ses instances auprès de lui, pour que les plus abondants ruisseaux de grâces découlent sans interruption de la Tête dans tous les membres du Corps mystique et que son patronage très efficace protège l’Eglise aujourd’hui comme jadis et lui obtienne enfin de Dieu, ainsi qu’à l’universelle communauté humaine, des temps plus tranquilles. »

– De Pie XII encore, dans la Bulle « Munificentissimus Deus » du 1er novembre 1950 définissant le dogme de l’Assomption :

« Nous qui avons confié Notre pontificat au patronage particulier de la Très Sainte Vierge, vers qui Nous Nous réfugions en tant de vicissitudes des plus tristes réalités, Nous qui avons consacré à son Cœur immaculé le genre humain tout entier en une cérémonie publique, et qui avons éprouvé souvent sa très puissante assistance, Nous avons une entière confiance que cette proclamation et définition solennelle de son Assomption apportera un profit non négligeable à la société humaine, car elle tournera à la gloire de la Très Sainte Trinité à laquelle la Vierge Mère de Dieu est unie par des liens tout particuliers. Il faut, en effet, espérer que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère ; que les âmes de tous ceux qui se glorifient du nom de chrétiens seront poussées au désir de participer à l’unité du Corps mystique de Jésus-Christ et d’augmenter leur amour envers Celle qui, à l’égard de tous les membres de cet auguste Corps, garde un cœur maternel. (…) »

– Pie XII n’oublie pas la demande de consécration de la Russie, demandée par la Vierge Marie à Soeur Lucie. Ainsi écrit-il dans l’Encyclique « Sacro Vergente Anno » (7 juillet 1952) :
« D’une façon toute particulière, nous vouons et consacrons tous les peuples de la Russie au même Cœur immaculé. »

– De Pie XII toujours, cet appel à renouveler la consécration chaque année, dans l’Encyclique « Ad Cœli Reginam » sur la Royauté de Marie (11 octobre 1954) :

« De longues et mûres réflexions Nous ayant persuadé que si cette vérité solidement démontrée était rendue plus resplendissante aux yeux de tous — comme une lampe qui brûle davantage quand elle est placée sur le candélabre — l’Eglise en recueillerait de grands avantages, par Notre autorité apostolique Nous décrétons et instituons la fête de Marie Reine, qui se célébrera chaque année dans le monde entier le 31 mai. Nous ordonnons également que, ce jour-là, on renouvelle la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie. C’est là, en effet, que repose le grand espoir de voir se lever une ère de bonheur où régneront la paix chrétienne et le triomphe de la religion. »

– Puis, dans l’Encyclique « Haurietis Aquas in Gaudio » (15 mai 1956) :

« Pour que des fruits plus abondants découlent dans la famille chrétienne et dans tout le genre humain du culte du Coeur très sacré de Jésus, les fidèles doivent veiller à l’associer étroitement au culte envers le Coeur immaculé de Marie. Puisque, de par la volonté de Dieu, la Bienheureuse Vierge Marie a été indissolublement unie au Christ dans l’oeuvre de la Rédemption humaine. »

– Le Pape Jean XXIII unit sa prière à celle du Coeur immaculé de Marie dans l’Encyclique « Sacerdotii Nostri Primordia », pour le centenaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney (31 juillet 1959) :
« Aussi, Nous plaisons-Nous à unir dans Notre pensée et Notre gratitude envers Dieu ces 
deux centenaires, de Lourdes et d’Ars, qui se succèdent providentiellement et honorent 
grandement la nation si chère à Notre coeur, à qui appartiennent ces lieux si saints. Fidèle à tant
 de bienfaits obtenus et dans l’espérance de grâces nouvelles, Nous ferons Nôtre l’invocation 
mariale qui était familière au saint Curé d’Ars : “Bénie soit la Très Sainte et Immaculée
 Conception de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu ! Que toutes les nations glorifient,
 que toute la terre invoque et bénisse votre Coeur immaculé !” »

— Paul VI lors de la clôture de la troisième session du concile Vatican II, le 21 novembre 1964, déclare devant tous les évêques :
«Notre regard s’ouvre vers les horizons sans fin du monde entier (…) que notre prédécesseur Pie XII, de vénérable mémoire, non sans une inspiration venue d’en haut, consacra solennellement au Cœur immaculé de Marie. Cet acte de consécration, nous le jugeons opportun et nous nous en souvenons aujourd’hui d’une manière particulière. (…) À ton Cœur immaculé, ô ! Marie, nous recommandons finalement toute l’humanité.

– Paul VI célébrant la messe à la Cova da Iria, le 13 mai 1967, dans son homélie :
« Si grand est Notre désir d’honorer la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Christ, et par là même Mère de Dieu et notre Mère, si grande est Notre confiance en sa bonté pour la sainte Eglise, et pour Notre charge apostolique, si grand est Notre besoin de son intercession près du Christ, son divin Fils, que nous sommes venu, humble et confiant pèlerin, à ce sanctuaire béni, où se célèbre aujourd’hui le cinquantenaire des apparitions de Fatima et où se commémore le 25e anniversaire de la consécration du monde au Cœur immaculé de Marie. »

– Jean-Paul II au jour de sa première visite à Fatima, le 13 mai 1982 ; à genoux, il consacre l’Eglise, les hommes et les peuples, avec la mention voilée de la Russie, au Cœur Immaculé de Marie, en rajoutant ces paroles significatives :
« D’une façon spéciale nous vous remettons et nous vous consacrons ces hommes et ces nations qui ont particulièrement besoin de vous être confiés et consacrés. »

– Jean-Paul II en pèlerinage à Lourdes, le 14 août 1983 :
« Ici, sur cette terre de France, je confie, ô Mère de Dieu, à ton amour maternel les fils et les filles de ce peuple. Ils n’ont pas cessé de t’honorer, dans leurs traditions, dans l’art de leurs cathédrales, dans leurs pèlerinages, dans la piété populaire comme dans la dévotion des auteurs spirituels, sûrs de demeurer proches du Christ en te contemplant, en t’écoutant, en te priant. Beaucoup ont tenu à se consacrer à toi, y compris des rois, comme l’a fait Louis XIII au nom de son peuple.
O Marie, obtiens pour ces frères et sœurs de France les dons de l’Esprit Saint, afin de donner une nouvelle jeunesse, la jeunesse de la foi, à ces chrétiens et à leurs communautés, que je confie à ton Cœur Immaculé, à ton amour maternel. »

– Sur la Place St Pierre à Rome, le 25 mars 1984, devant la statue de la Chapelle des apparitions de Fatima, Jean-Paul II réalise la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie en union avec tous les évêques :

« C’est pourquoi, ô Mère des hommes et des peuples, toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, toi qui ressens d’une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde contemporain, reçoit l’appel que, mus par l’Esprit Saint, nous adressons directement à ton Cœur, et avec ton amour de mère et de servante du Seigneur, embrasse notre monde humain, que nous t’offrons et te consacrons, pleins d’inquiétude pour le sort terrestre et éternel des hommes et des peuples. Nous t’offrons et te consacrons d’une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration.

(…) Devant toi, Mère du Christ, devant ton Cœur immaculé, nous voulons aujourd’hui, avec toute l’Église, nous unir à la consécration que ton Fils a faite de lui-même à son Père, par amour pour nous: “Pour eux, a-t-il dit, je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi consacrés en vérité” (Jn 17, 19). Nous voulons nous unir à notre Rédempteur en cette consécration pour le monde et pour les hommes, laquelle, dans le cœur divin, a le pouvoir d’obtenir le pardon et de procurer la réparation.

La puissance de cette consécration dure dans tous les temps, elle embrasse tous les hommes, peuples et nations, elle surpasse tout mal que l’esprit des ténèbres est capable de réveiller dans le cœur de l’homme et dans son histoire, et que, de fait, il a réveillé à notre époque.

(…) Mère de l’Église ! Enseigne au Peuple de Dieu les chemins de la foi, de l’espérance et de la charité! Éclaire spécialement les peuples dont tu attends de nous la consécration et l’offrande!

Aide-nous à vivre dans la vérité de la consécration du Christ pour toute la famille humaine du monde contemporain! En te confiant, ô Mère, le monde, tous les hommes et tous les peuples, nous te confions aussi la consécration même du monde et nous la mettons dans ton cœur maternel.

Ô Cœur immaculé ! Aide-nous à vaincre la menace du mal qui s’enracine si facilement dans le cœur des hommes d’aujourd’hui et qui, avec ses effets incommensurables, pèse déjà sur la vie actuelle et semble fermer les voies vers l’avenir !

De la faim et de la guerre, délivre-nous !

De la guerre nucléaire, d’une autodestruction incalculable, de toutes sortes de guerres, délivre-nous!

Des péchés contre la vie de l’homme depuis ses premiers moments, délivre-nous!

De la haine et de la dégradation de la dignité des fils de Dieu, délivre-nous!

De tous les genres d’injustice dans la vie sociale, nationale et internationale, délivre-nous!

De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous!

De la tentative d’éteindre dans les cœurs humains la vérité même de Dieu, délivre-nous!

De la perte de la conscience du bien et du mal, délivre-nous! Des péchés contre l’Esprit Saint, délivre-nous! Délivre-nous! Écoute, ô Mère du Christ, ce cri chargé de la souffrance de tous les hommes ! Chargé de la souffrance de sociétés entières !

Aide-nous, par la puissance de l’Esprit Saint, à vaincre tout péché: le péché de l’homme et le “péché du monde”, le péché sous toutes ses formes.

Que se révèle encore une fois dans l’histoire du monde l’infinie puissance salvifique de la Rédemption, la puissance de l’amour miséricordieux! Qu’il arrête le mal! Qu’il transforme les consciences!

Que dans ton Cœur immaculé se manifeste pour tous la lumière de l’espérance ! ».

– Place Saint-Pierre, le 8 octobre 2000 à midi, offrant l’Eglise et le monde à la protection de la Vierge pour le IIIe millénaire, Jean-Paul II et 1 500 évêques, à l’occasion de leur jubilé, en présence de la statue de la Vierge de Fatima transportée au Vatican pour l’occasion, prononcent un Acte de consécration à Marie :

« 1 «Femme, voici ton fils » (Jn 19, 26) !
 Tandis qu’arrive à son terme l’Année jubilaire,
 au cours de laquelle Toi, ô Mère, tu nous as offert à nouveau Jésus,
 le fruit béni de ton sein très pur,
 le Verbe fait chair, le Rédempteur du monde,
 ces paroles : « Femme, voici ton fils ! » se font pour nous 
particulièrement douces, 
paroles qui nous renvoient à Toi, te constituant notre Mère.
 En te confiant l’Apôtre Jean,
 et avec lui les fils de l’Église, et même tous les hommes,
 le Christ, loin d’atténuer son rôle exclusif de Sauveur du monde,
le confirmait. 
Tu es la splendeur qui n’ôte rien à la lumière du Christ,
 car tu existes en Lui et par Lui.
 En Toi, tout est « fiat » : tu es l’Immaculée,
 tu es transparence et plénitude de grâce.
 Voici donc tes enfants rassemblés autour de Toi, 
à l’aube du nouveau millénaire. 
Aujourd’hui, par la voix du Successeur de Pierre,
 à laquelle s’unit celle de nombreux Pasteurs 
rassemblés ici de toutes les parties du monde, 
l’Église cherche à se réfugier sous ta protection maternelle 
et implore avec confiance ton intercession
 face aux défis de l’avenir.

2 En cette année de grâce, de nombreuses personnes
 ont vécu, et vivent actuellement, 
la joie surabondante de la miséricorde 
que le Père nous a donnée dans le Christ. 
Dans les Églises particulières répandues à travers le monde,
 et plus encore ici au centre de la chrétienté,
les catégories les plus diverses de personnes
 ont accueilli ce don.
 Ici même, l’enthousiasme des jeunes a retenti, 
ici même, s’est élevé le cri implorant des malades. 
Ici même, sont venus des prêtres et des religieux, 
des artistes et des journalistes,
des travailleurs et des hommes de science,
 des enfants et des adultes,
 et tous ont reconnu dans ton Fils bien-aimé 
le Verbe de Dieu, fait chair en ton sein. 
Obtiens pour nous, ô Mère, par ton intercession,
 que les fruits de cette Année ne soient pas perdus,
 et que les germes de grâce se développent 
jusqu’à la pleine mesure de la sainteté, 
à laquelle nous sommes tous appelés.

3 Aujourd’hui, nous voulons te confier l’avenir qui nous attend,
 te demandant de nous accompagner sur le chemin.
 Nous sommes les hommes et les femmes d’une époque extraordinaire,
 aussi exaltante que riche de contradictions.
 Aujourd’hui, l’humanité possède des moyens de puissance inouïe:
elle peut faire de ce monde un jardin,
ou le réduire à un amas de cendres. 
Elle a acquis des capacités extraordinaires d’intervention 
sur les sources mêmes de la vie :
 elle peut en user pour le bien, dans le cadre de la loi morale,
 ou bien céder à l’orgueil aveugle 
d’une science qui n’accepte pas de limite, 
au point de bafouer le respect dû à tout être humain.
 Aujourd’hui plus que jamais, 
l’humanité est à une croisée de chemins.
 Et, une fois encore, le salut est entièrement et seulement,
 ô Vierge Sainte, dans ton Fils Jésus.

4 C’est pourquoi, ô Mère, comme l’Apôtre Jean,
 nous voulons te recevoir chez nous (cf. Jn 19, 27), 
pour que tu nous apprennes à nous conformer à ton Fils.
 « Femme, voici tes fils ! »
 Nous sommes ici, devant toi,
 pour confier à tes soins maternels
 nous-mêmes, l’Église, le monde entier.
 Implore pour nous ton Fils bien-aimé,
 afin qu’il nous donne en abondance l’Esprit Saint, 
l’Esprit de vérité qui est source de vie.
 Accueille-le pour nous et avec nous,
 comme au temps de la première communauté de Jérusalem, 
rassemblée autour de toi le jour de la Pentecôte (cf. Ac 1, 14).
 Que l’Esprit ouvre les cœurs à la justice et à l’amour,
 qu’il conduise les personnes et les nations à la compréhension réciproque 
et à une ferme volonté de paix. 
Nous te confions tous les hommes, à commencer par les plus faibles :
 les enfants non encore venus au jour
 et ceux qui sont nés dans des conditions de pauvreté et de souffrance,
 les jeunes à la recherche de sens, 
les personnes privées de travail
 et celles qui sont éprouvées par la faim et la maladie. 
Nous te confions les familles désagrégées, 
les personnes âgées privées d’assistance 
et tous ceux qui sont seuls et sans espérance.

– 5 Ô Mère, Toi qui connais les souffrances 
et les espérances de l’Église et du monde,
 assiste tes enfants dans les épreuves quotidiennes
 que la vie réserve à chacun 
et fais que, grâce aux efforts de tous,
 les ténèbres ne l’emportent pas sur la lumière. 
À toi, aurore du salut, nous confions
 notre marche dans le nouveau millénaire,
 afin que, sous ta conduite,
 tous les hommes découvrent le Christ, 
lumière du monde et unique Sauveur,
 qui règne avec le Père et l’Esprit Saint 
pour les siècles des siècles. Amen.

« Aujourd’hui, nous voulons te confier l’avenir qui nous attend, te demandant de nous accompagner sur le chemin. Nous sommes les hommes et les femmes d’une époque extraordinaire, aussi exaltante que riche de contradictions ».

Aujourd’hui, l’humanité possède des moyens de puissance inouïe : elle peut faire de ce monde un jardin, ou le réduire à un amas de cendres. Elle a acquis des capacités extraordinaires d’intervention sur les sources mêmes de la vie: elle peut en user pour le bien, dans le cadre de la loi morale, ou bien céder à l’orgueil aveugle d’une science qui n’accepte pas de limite, au point de bafouer le respect dû à tout être humain.

Aujourd’hui plus que jamais, l’humanité est à une croisée de chemins. Et, une fois encore, le salut est entièrement et seulement, ô Vierge Sainte, dans ton Fils Jésus. »

Puis le Saint Père a confié tous les hommes à la Mère de Dieu, en commençant par les plus faibles : « les enfants non encore venus au jour et ceux qui sont nés dans des conditions de pauvreté et de souffrance, les jeunes à la recherche de sens, les personnes privées de travail et celles qui sont éprouvées par la faim et la maladie. Nous te confions les familles désagrégées, les personnes âgées privées d’assistance et tous ceux qui sont seuls et sans espérance ».

« Ô Mère, Toi qui connais les souffrances et les espérances de l’Église et du monde, assiste tes enfants dans les épreuves quotidiennes que la vie réserve à chacun et fais que, grâce aux efforts de tous, les ténèbres ne l’emportent pas sur la lumière ».

– De Mgr Joseph Ratzinger dans son commentaire théologique sur le 3e secret de Fatima, comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 12 mars 2001 :

« Comme chemin vers ce but [ndlr : le salut], est indiquée — de manière surprenante pour des personnes provenant de l’ère culturelle anglo-saxonne et allemande — la dévotion au Cœur immaculé de Marie. Pour comprendre cela, une brève indication suffira ici. « Cœur » signifie dans le langage de la Bible le centre de l’existence humaine, la jonction entre la raison, la volonté, le tempérament et la sensibilité, où la personne trouve son unité et son orientation intérieure. Le « cœur immaculé » est, selon Mt 5, 8, un cœur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc « voit Dieu ». La « dévotion » au Cœur immaculé de Marie est donc une façon de s’approcher du comportement de ce cœur, dans lequel le fiat — que ta volonté soit faite — devient le centre qui informe toute l’existence. Si quelqu’un voulait objecter que nous ne devrions pas cependant interposer un être humain entre le Christ et nous, on devrait alors se rappeler que Paul n’a pas eu peur de dire à ses propres communautés: imitez-moi (cf. 1 Co 4, 16; Ph 3, 17; 1 Th 1, 6; 2 Th 3, 7. 9). Chez l’Apôtre, les communautés peuvent vérifier concrètement ce que signifie suivre le Christ. De qui pourrions-nous en tout temps apprendre d’une manière meilleure, sinon de la Mère du Seigneur?

(…) Je voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du « secret » devenue célèbre à juste titre: « Mon Cœur immaculé triomphera ». Qu’est-ce que cela signifie? Le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l’histoire du monde, parce qu’elle a introduit le Sauveur dans le monde – car, grâce à son « oui », Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours. Le Malin a du pouvoir sur ce monde, nous le voyons et nous en faisons continuellement l’expérience; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu. Mais, depuis que Dieu lui-même a un cœur d’homme et a de ce fait tourné la liberté de l’homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n’a plus le dernier mot. Depuis lors, s’imposent les paroles: « Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance; moi je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33). Le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse.

– Prière du pape Benoît XVI : l’acte de consécration au coeur immaculé de Marie pour les prêtres. Elle fut dite par le Saint-Père Benoît XVI en l’Eglise de la Trés Sainte Trinité de Fatima, à l’occasion de son voyage apostolique pour le Xe anniversaire de la béatification de Jacinta et Francisco, pastoureaux de Fatima, le 12 mai 2010.

« Mère Immaculée,
en ce lieu de grâce,
convoqués par l’amour de ton Fils Jésus,
Grand et Eternel Prêtre,
nous, fils dans le Fils et ses prêtres,
nous nous consacrons à ton Cœur maternel,
pour accomplir fidèlement la Volonté du Père.
Nous sommes conscients que, sans Jésus,
nous ne pouvons rien faire de bon (cf. Jn 15, 5)
et que, seulement par Lui, avec Lui et en Lui,
nous serons pour le monde
des instruments de salut.

Épouse de l’Esprit Saint,
obtiens-nous l’inestimable don
d’être transformés dans le Christ.
par la puissance même de l’Esprit qui,
étendant sur Toi son ombre,
t’a rendue Mère du Sauveur,
aide-nous afin que le Christ, ton Fils,
naisse aussi en nous.
Que l’Église puisse ainsi
être renouvelée par de saints prêtres,
transfigurée par la grâce de Celui
qui fait toutes choses nouvelles.

Mère de Miséricorde,
c’est ton Fils Jésus qui nous a appelés
à devenir comme Lui :
lumière du monde et sel de la terre
(cf. Mt 5, 13-14).
Aide-nous,
par ta puissante intercession,
à ne jamais trahir cette sublime vocation,
à ne pas céder à nos égoïsmes,
aux séductions du monde
et aux suggestions du Malin.
Préserve-nous par ta pureté,
garde-nous par ton humilité
et enveloppe-nous de ton amour maternel,
qui se reflète en de nombreuses âmes
consacrées à toi,
devenues pour nous
d’authentiques mères spirituelles.

Mère de l’Église,
nous, prêtres,
nous voulons être des pasteurs
qui ne paissent pas pour eux-mêmes,
mais qui se donnent à Dieu pour leurs frères,
trouvant en cela leur bonheur.
Non seulement en paroles, mais par notre vie,
nous voulons répéter humblement,
jour après jour,
notre « me voici ».
Guidés par toi,
nous voulons être des Apôtres
de la Miséricorde Divine,
heureux de célébrer chaque jour
le Saint Sacrifice de l’Autel
et d’offrir à tous ceux qui nous le demandent
le Sacrement de la Réconciliation.

Avocate et Médiatrice de la grâce,
Toi qui es entièrement immergée
dans l’unique médiation universelle du Christ,
demande à Dieu, pour nous,
un cœur complètement renouvelé,
qui aime Dieu de toutes ses forces
et serve l’humanité comme toi-même tu l’as fait.
Redis au Seigneur
cette parole efficace :
« ils n’ont pas de vin » (Jn 2, 3),
afin que le Père et le Fils répandent sur nous,
comme dans une nouvelle effusion
l’Esprit Saint.

Plein d’émerveillement et de gratitude
pour ta présence continuelle au milieu de nous,
au nom de tous les prêtres,
moi aussi je veux m’exclamer :
« Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 43)

Notre Mère depuis toujours,
ne te lasse pas de « nous visiter »,
de nous consoler, de nous soutenir.
Viens à notre secours
et libère-nous des dangers
qui nous menacent.
Par cet acte d’abandon et de consécration,
nous voulons t’accueillir de façon
plus profonde et radicale,
pour toujours et pleinement,
dans notre existence humaine et sacerdotale.
Que ta présence fasse refleurir le désert
de nos solitudes et briller le soleil
sur nos obscurités,
qu’elle fasse revenir le calme après la tempête,
afin que chaque homme voie le salut
du Seigneur,
qui a le nom et le visage de Jésus,
réfléchi dans nos cœurs,
pour toujours unis au tien !

Ainsi soit-il ! »

pretre-coeur-de-marie-ndv

– Le pape François, le 13 mai dernier, en l’anniversaire de la première apparition de la Vierge au Portugal (13 mai 1917), a demandé la consécration de son pontificat à Notre-Dame de Fatima.

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