Apparentement glorieux : Charles Desgenettes et saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars

Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars.

Saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars.

Les deux hommes, Jean-Marie Vianney et Charles Eleonore Dufriche-Desgenettes, sont de la même génération, le second étant plus âgé de 8 ans (né le 10 août 1778, et Jean-Marie Vianney le 8 mai 1786).

Ils sont certes très différents tant par leur milieu d’origine (petite noblesse de robe pour l’un, modestes paysans pour l’autre) que par leur tempérament.

Sur ce second plan, Charles, qui a eu plus de facilités dans son parcours de formation à la prêtrise, est certes plus dominateur, moins tempéré sans doute que Jean-Marie dans ses comportements.

 

L’abbé Desgenettes, curé de Notre-Victoires.

L’abbé Desgenettes, curé de Notre-Dame des Victoires.

Davantage marqué dans son enfance par les troubles révolutionnaires, Charles a aussi une conscience politique plus affirmée, étant un ardent royaliste – des convictions qui d’ailleurs le mettront à plusieurs reprises en difficulté dans sa vie de prêtre.

Mais dans la vie en Christ, les deux hommes se rejoignent.
 La charité est première dans le parcours qui les conduit à être des instruments privilégiés des grâces et des miséricordes du Seigneur.

1/ L’un et l’autre fondent une œuvre d’éducation pour des orphelines

Charles Desgenettes ouvre une école de la Providence en octobre 1820, rue Oudinot à Paris, sous la direction d’une Fille de la Charité, alors qu’il est curé des Missions étrangères. L’œuvre va prospérer, accueillant les orphelines avec les fillettes les plus pauvres. Elles sont logées dans une maison que Desgenettes a payée de ses deniers (le roi Charles X et la duchesse d’Angoulême seront de généreux soutiens de la Providence). Ce n’est pas la première (ni la dernière) fois que Desgenettes met la main à la poche, comme il l’a fait pour son institution scolaire de L’Aigle, fermée après deux années – fin 1810 – par ordre de l’Empereur.
Jean-Marie Vianney crée une école de filles à Ars en 1822, l’école de la Providence (même nom que celui choisi de son côté par Desgenettes), qui deviendra un orphelinat dont la grande vertu sera d’élever et d’instruire de solides et pieuses jeunes filles.

2/ L’un et l’autre, la même année, consacrent leur paroisse à la Vierge immaculée

Charles et Jean-Marie ont été élevés par leurs mères dans une grande dévotion à la Vierge Marie. Mais Jean-Marie, moins intellectuel que Charles, a sans doute conservé cette grâce de confiance et d’amour dans laquelle il a grandi avec plus de ferveur.
C’est alors qu’il prie instamment la Vierge Marie en faveur de ses paroissiens, à genoux devant l’autel qui lui est dédié dans l’église d’Ars…
… qu’il « entend une voix céleste lui parler et lui dire : “Consacrez votre paroisse à Marie, conçue sans péché”. Plein de confiance en cette voix qu’il a entendue et par laquelle son âme s’est trouvée subitement consolée, il annonce en chaire le dimanche suivant le dessein qu’il a conçu de consacrer tous ses paroissiens à Marie conçue sans péché : que pour cela il fera faire un cœur d’or dans l’intérieur duquel seront enfermés les noms de toutes les familles d’Ars »… Cette consécration a lieu le dimanche 1er mai 1836. Six ans plus tard, le curé d’Ars demande l’inscription de la paroisse à l’archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires fondée par l’abbé Desgenettes.

Célébrant la messe le samedi 3 décembre 1836 à l’autel de la Vierge Marie, à Notre-Dame des Victoires, alors qu’il est découragé et terriblement troublé par la pensée qu’il lui faut renoncer à sa charge et porter sa démission de curé à son évêque, l’abbé Desgenettes reçoit cette locution intérieure : « Consacre ta paroisse au très saint et immaculé Cœur de Marie ».
Aussitôt, il retrouve la paix et peut célébrer dignement sa messe.
Huit jours plus tard, la paroisse de Notre-Dame des Victoires est consacrée au Cœur immaculé de Marie (dimanche 11 décembre 1836) puis le premier registre de l’association du très saint et immaculé Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs est ouvert (12 janvier 1837). Charles Desgenettes en est le premier signataire, suivi de dix prêtres.

3/ L’un et l’autre sont des apôtres de la Miséricorde divine

Jean-Marie Vianney a abondamment prêché sur la Miséricorde de Dieu, mais plus que les paroles qu’il prononça, les innombrables heures – l’essentiel de ses journées – qu’il passa à confesser pèlerins et paroissiens, manifestent le cœur de son engagement de prêtre.
Le curé d’Ars le disait donc, et il fut entendu très loin au-delà de sa paroisse : « Depuis le commencement du monde jusqu’à la venue du Messie, ce n’est que Miséricorde… Il prend tous les moyens possibles pour se trouver parmi eux (les pécheurs) afin de les attirer à son Père… Ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon ; mais c’est Dieu lui-même qui court derrière le pécheur et qui le fait revenir à Lui… Dans le sacrement de pénitence, Il nous montre et nous fait part de sa miséricorde jusqu’à l’infini… Quelle bonté de Dieu ! son bon cœur est un océan de miséricorde ; ainsi quelque grands pécheurs que nous puissions être, ne désespérons jamais de notre salut. Il est si facile de se sauver !… Nos fautes sont des grains de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu… La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé ; elle entraîne les cœurs sur son passage… » (citations extraites des « Pensées du Curé d’Ars », par l’abbé Nodet).

De son côté, l’abbé Desgenettes exalte la « miséricorde divine » avec une intensité frappante à partir du moment où les premiers fruits de la consécration au Cœur immaculé de Marie se manifestent dans sa paroisse. Dans son témoignage sur la naissance de l’archiconfrérie… « tout à coup, la miséricorde divine éclate et la grâce du seigneur vient féconder un désert frappé de la plus affreuse stérilité ». Et dans les premiers statuts de cette association qui mentionnent bien la vocation de ses membres qui est « d’implorer de la miséricorde divine, par la protection du cœur de Marie, la grâce de conversion des pécheurs ». Charles Desgenettes passera lui aussi beaucoup de temps au confessionnal, et témoignera, par écrit, dans les Annales de l’Archiconfrérie, des conversions les plus étonnantes. Ainsi écrit-il à propos d’une conversion confiée à la prière des fidèles réunis le dimanche soir à ND des Victoires, et qui est exaucée : « Ces prières, ces gémissements sont offerts à Marie parce qu’elle est la mère de la divine miséricorde et la porte du ciel. Adoration et gloire à Dieu pour cette grâce dont il a comblé notre frère. Honneur et gloire à Marie, notre protectrice, qui a obtenu de Dieu cette grande miséricorde. »

Et encore, au chapitre V du Manuel qu’il rédigea pour l’Archiconfrérie : « Toutes les grâces de la miséricorde divine viennent le plus souvent s’émousser contre l’insensibilité de nos cœurs, s’annuler par la résistance des passions et de notre volonté qu’elles pervertissent. (…) La tendresse de Jésus désire que nous employions auprès d’elle la méditation toute puissante du cœur de Marie. Cœur très saint pétri de vertus, cœur qui exerce sur le divin cœur de Jésus une puissance telle qu’aucun de ses désirs ne peut manquer d’être à l’instant et surabondamment comblé. »

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